Histoire du Rubis

L’histoire du rubis remonte à plusieurs millénaires. Dans de nombreuses civilisations anciennes, le rubis était considéré comme une pierre sacrée, associée à la force et à la vitalité. Dans l’Antiquité indienne, il était surnommé la « Reine des pierres précieuses », tandis que pour certains peuples d’Asie, il représentait le sang de la Terre.

En Birmanie, aujourd’hui appelée Myanmar, où l’on trouve certains des plus beaux spécimens au monde, le rubis était porté par les guerriers qui croyaient qu’il leur conférait invincibilité au combat. Les Moghuls de l’Inde appréciaient particulièrement les rubis et les ornaient de leurs bijoux royaux.

Dans la tradition occidentale, le rubis fut longtemps associé à la royauté et à l’aristocratie. Les souverains d’Europe se disputaient sa possession pour orner leurs couronnes et sceptres, convaincus que le rubis symbolisait la puissance et l’autorité. Les récits évoquent également la capacité du rubis à protéger son porteur des maladies et des malédictions, faisant de lui un talisman hautement recherché.

Au fil des siècles, le rubis a été au cœur de nombreuses légendes. Dans certaines d’entre elles, il était présenté comme un générateur de vitalité, de jeunesse éternelle et d’énergie cosmique. On disait aussi de lui qu’il pouvait éclairer les ténèbres grâce à sa lueur, une flamme intérieure évoquant l’immortalité de l’âme.

Aujourd’hui encore, cette gemme conserve sa place privilégiée dans la haute joaillerie et demeure le symbole de l’amour passionnel et de la loyauté indéfectible. Porter un rubis ou l’offrir est un moyen fort de déclarer son attachement ou d’exprimer un profond respect.

Origine du Rubis

Sur le plan géologique, le rubis fait partie de la famille des corindons, tout comme le saphir. Chimiquement, il s’agit d’oxyde d’aluminium (Al2O3) présentant des traces de chrome, élément responsable de sa teinte rouge caractéristique. La couleur du rubis est donc intimement liée à la présence et à la concentration de chrome dans sa structure cristalline.

La Birmanie (Myanmar) est mondialement réputée pour produire les rubis les plus somptueux, parfois nommés rubis « sang de pigeon » pour décrire leur couleur rouge profond légèrement violacée. Parmi les autres pays producteurs notables figurent le Sri Lanka (anciennement Ceylan), la Thaïlande, le Vietnam, Madagascar, le Mozambique et le Pakistan. Chacun de ces gisements possède ses propres particularités géologiques, conférant aux rubis des nuances et des caractéristiques distinctes.

  • Birmanie (Myanmar) : Les rubis birmans sont considérés comme les plus prisés. Leur rouge intense, nuancé de reflets bleutés ou violacés, fait d’eux des gemmes extrêmement recherchées. Historiquement, la région de Mogok a produit des spécimens remarquables, connus pour leur fluorescence sous la lumière ultraviolette, un attribut qui rehausse la vivacité de la couleur.
  • Thaïlande : Les rubis thaïlandais ont souvent une teinte plus sombre, tirant légèrement sur le brun-rouge. Ils étaient très présents sur le marché avant que d’autres sources plus récentes ne soient découvertes en Afrique de l’Est.
  • Sri Lanka : Le rubis du Sri Lanka se reconnaît à ses tons plus clairs, parfois légèrement rosés. On parle même de rubis rose quand la teneur en chrome est plus faible.
  • Madagascar et Mozambique : Deux pays d’Afrique australe qui sont aujourd’hui d’importants pourvoyeurs de rubis de très belle qualité. Le rubis du Mozambique a gagné en renommée et se vend désormais à des prix élevés lors des enchères internationales.
  • Vietnam : Le Vietnam produit des rubis d’un rouge intense proche de celui de la Birmanie, notamment dans la région de Luc Yen.

Ces origines variées permettent aux amateurs et aux collectionneurs de découvrir des rubis aux reflets et caractéristiques très divers, reflétant la richesse géologique et culturelle de chaque région.

Traitements des Rubis

Comme beaucoup d’autres pierres précieuses, les rubis subissent fréquemment des traitements destinés à améliorer leur couleur et leur pureté. Ces procédés, pratiqués depuis des siècles, visent à sublimer l’éclat d’une gemme en lui conférant un aspect plus homogène ou en intensifiant sa teinte. Il est essentiel de connaître ces traitements, car ils influencent la valeur marchande et la rareté d’un rubis.

  • Traitement thermique (chauffe) : Il s’agit du traitement le plus commun. Les rubis sont chauffés à des températures très élevées (souvent au-delà de 1000°C) pour améliorer leur couleur et réduire la visibilité des inclusions. La haute température favorise la dissolution ou la diffusion des inclusions de rutile, rendant la pierre plus limpide, et intensifie le rouge. La plupart des rubis présents sur le marché ont subi ce procédé, considéré comme stable et durable. Les pierres chauffées conservent leur beauté sur le long terme, à condition qu’on les entretienne correctement.

  • Traitement par remplissage de fractures (fissure filling) : Dans certains cas, on injecte dans les fractures superficielles du rubis une substance (résine, verre au plomb) qui améliore la transparence et la solidité de la gemme. Il convient toutefois de noter que ce type de traitement peut être moins stable que la chauffe simple, car le contact avec certains produits chimiques (acides forts, solvants) ou la chaleur excessive peut altérer la résine ou le verre.

  • Diffusion : Cette méthode consiste à chauffer la pierre en présence d’éléments chimiques additionnels (comme le béryllium) qui diffusent dans la couche superficielle du rubis. Il en résulte une coloration plus intense, parfois seulement en surface. Toutefois, si la pierre est retaillée, la couleur additionnelle peut disparaître en partie. La diffusion est moins courante pour le rubis que pour certains saphirs, mais elle existe et doit être clairement signalée par les vendeurs.
  • Huilage : Plus commun dans le traitement des émeraudes, l’huilage peut occasionnellement être appliqué aux rubis pour diminuer l’apparence des fissures. Cependant, ce procédé reste marginal en comparaison du traitement thermique ou du remplissage de fractures au verre au plomb.

Il est crucial, lors de l’achat d’un rubis, de demander un certificat gemmologique émis par un laboratoire reconnu (GIA, IGI, HRD, SSEF, Gübelin, etc.). Celui-ci précisera la nature du traitement éventuel. Les rubis non chauffés et dépourvus de tout traitement sont particulièrement rares et atteignent souvent des prix très élevés.

Couleurs des Rubis

Le rubis est rouge par définition, mais il existe une gamme étendue de nuances qui témoignent de la grande variété de cette pierre précieuse. Le spectre du rubis s’étend d’un rouge clair légèrement rosé à un rouge profond presque violacé.

  • Rouge vif (blood red ou sang de pigeon) : Le rubis “sang de pigeon” est considéré comme le plus beau et le plus recherché. Le terme est largement associé aux gisements de Birmanie. Il s’agit d’un rouge intense, vibrant, avec parfois un léger soupçon de bleu ou de rose.
  • Rouge rosé : Parfois appelé « rubis rose », bien que la distinction entre rubis et saphir rose soit souvent difficile à établir. Selon certains laboratoires, une forte teinte rouge est nécessaire pour être classé en tant que rubis. Si la teinte est trop claire, la pierre est alors considérée comme un saphir rose.
  • Rouge violacé : Des reflets violacés apportent de la profondeur à la couleur, rendant la gemme plus mystérieuse. De nombreuses pierres birmanes ou vietnamiennes affichent ce type de nuance.
  • Rouge brunâtre : Certaines pierres, notamment celles issues de gisements thaïlandais, présentent un rouge plus foncé, parfois assombri par un soupçon de brun.

La qualité de la couleur dépend de plusieurs paramètres : la saturation, la tonalité et la répartition de la teinte. Les rubis les plus appréciés sont ceux qui présentent un rouge vif, lumineux, sans zones trop claires ou trop foncées.

Caractéristiques des Rubis

En tant que variété de corindon rouge, le rubis possède des caractéristiques gemmologiques spécifiques qui déterminent sa durabilité, son apparence et sa valeur  :

MINÉRAL : Corindon / CHIMIE : Al2O3 / INDICE DE RÉFRACTION : 1,762-1,770 / BIRÉFRINGENCE : 0,008-0,010 / DENSITÉ : 4 / DURETÉ MOHS : 9

Le rubis est donc l’une des pierres les plus dures, second seulement au diamant (10 sur l’échelle de Mohs). Cette dureté élevée le rend particulièrement résistant aux rayures, idéal pour un usage quotidien en bijouterie. Par ailleurs, l’indice de réfraction du rubis, s’il n’égale pas celui du diamant, reste suffisamment élevé pour conférer à la pierre un éclat remarquable lorsqu’elle est taillée de manière optimale.

Le rubis peut présenter des inclusions internes. Les plus courantes sont des aiguilles de rutile, appelées « soies », qui, lorsqu’elles sont disposées de manière symétrique, peuvent générer un effet d’astérisme donnant naissance au fameux « rubis étoilé ». Les gemmes étoilées sont particulièrement populaires auprès de certains collectionneurs, car elles dévoilent un astérisme (étoile à six branches, plus rarement douze) qui se déplace à la surface de la pierre en fonction de l’angle de la lumière.

FAQ sur les Rubis

Le rubis étant une pierre très dure (9 sur l’échelle de Mohs), il résiste relativement bien aux chocs et aux rayures. Toutefois, pour préserver son éclat, il est recommandé de le nettoyer régulièrement avec de l’eau tiède savonneuse et une brosse douce. Évitez tout contact prolongé avec des produits chimiques agressifs. Après le nettoyage, séchez la pierre avec un chiffon doux. Vous pouvez également recourir à un nettoyage ultrasonique ou à la vapeur si la pierre n’a pas subi de traitements sensibles (remplissage de fractures, par exemple).

Les rubis synthétiques ou créés en laboratoire ont la même composition chimique que les rubis naturels. Ils présentent toutefois souvent moins d’inclusions et un aspect « trop parfait » à la loupe. Le moyen le plus sûr de distinguer un rubis naturel d’un rubis synthétique est de faire appel à un laboratoire gemmologique. Des tests spécifiques (spectroscopie, examens des inclusions, etc.) permettent alors de déterminer avec certitude l’origine naturelle ou synthétique de la pierre.

Si vous aimez la couleur rouge, mais que votre budget ne vous permet pas d’acquérir un rubis de grande pureté ou de grande taille, plusieurs options s’offrent à vous :

Rubis chauffés avec de légères inclusions : plus abordables que les spécimens non chauffés.

Spinelle rouge : Une pierre naturellement rouge, moins connue, mais pouvant offrir une couleur similaire au rubis.

Grenat pyrope ou almandin : Des gemmes rouges plus communes et nettement moins onéreuses.

Rubis synthétiques : Ils proposent la même composition chimique que le rubis naturel à un prix bien plus faible.

Les rubis birmans jouissent d’une réputation exceptionnelle grâce à leur couleur rouge vif unique, souvent qualifiée de « sang de pigeon », et à leur forte fluorescence sous la lumière ultraviolette. Historiquement, la Birmanie (Myanmar) est réputée pour produire des rubis de qualité supérieure, très appréciés dans la haute joaillerie. C’est l’origine la plus prestigieuse qui, combinée à la rareté de ces pierres, justifie leur coût élevé.

Oui, le rubis est suffisamment dur (9 sur l’échelle de Mohs) pour supporter une utilisation quotidienne, à condition de faire preuve de bon sens. Il convient d’éviter les chocs violents et d’ôter la bague ou le bijou lors d’activités sportives ou de jardinage intensif, par exemple. Un examen régulier de la monture chez un bijoutier garantit aussi que la pierre reste bien en place et ne se desserre pas.

Le rubis ne change pas de couleur naturellement avec le temps. Toutefois, une exposition prolongée à de hautes températures, à des produits chimiques forts, ou un choc thermique brutal, peut altérer la pierre ou son traitement éventuel. Pour préserver la couleur et l’éclat du rubis, il est donc essentiel de suivre les conseils d’entretien et de nettoyage préconisés.

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